Groupe de rock anglais emblématique, toujours prêt à se réinventer esthétiquement et conceptuellement, The Horrors ont failli couler en pleine période COVID avec leur incartade bruitiste et industrielle en deux singles. Huit ans après leur cinquième album V, c’est une version réduite de leur formation originale – Faris Badwan (chant), Rhys Webb (basse) et Joshua Hayward (guitare) – qui revient aujourd’hui à un goth-rock pur et dur, un retour sans doute malin à l’heure où Siouxsie Sioux et The Cure remettent les looks noirs au goût du jour.
Là où les derniers albums des Horrors avaient tendance à sonner trop chargés, le producteur Yves Rothman a intelligemment enregistré Night Life en six semaines à Los Angeles, avec la nouvelle claviériste Amelia Kidd qui a contribué à distance depuis Glasgow. Dans une ambiance sonore sombre et tonitruante qui évoque parfois les bandes originales à la Hans Zimmer, des miracles de dark-pop surviennent régulièrement : les accents post-apocalyptiques à la Bauhaus de Trial By Fire, ou la mélancolie quasi euro-house de Lotus Eater – de nouvelles pépites prêtes à figurer dans un Best Of à venir.
